Rêver et penser
à l'heure de l'IA

Mardi 26 mai 2026 - 10:48

Ce 18 mai s’est tenue à la HEPL une journée de rencontres et d’échanges autour de l’intelligence artificielle. A travers un regard sur les œuvres de fiction, films et séries télévisées, ainsi que les propos de philosophes, d’artistes, d’éthiciens du numérique et de spécialistes de l’informatique, il s’agissait de prendre du recul sur la transformation de nos modes de vie à l’heure de l’IA. Cette journée était organisée en partenariat avec le festival PolitiK.

En matinée, Anthony Simonofsky et Benoît Vanderose, tous deux professeurs experts en numérique à l’Université de Namur, ont présenté Popcode, un podcast et projet de recherche qu’ils ont créé afin d’aborder la fiction audiovisuelle pour éclairer et enseigner des notions de citoyenneté numérique. Ils ont expliqué en quoi les fictions peuvent préfigurer, façonner ou catalyser l'innovation et constituer un support utile pour discuter des implications sociales et techniques du numérique. Des films comme 2001, l'Odyssée de l'espace (1968) de Stanley Kubrick, Terminator (1984) de James Cameron, Her (2013) de Spike Jonze offrent des représentations variées d’IA antagonistes, conversationnelles ou assistantes qui témoignent de nos attentes et de nos craintes envers les systèmes numériques…

Les deux chercheurs ont également abordé le projet Di-Fic qui découle de leur podcast et de l’ouvrage qui en est issu, Cinématech. Vingt œuvres pour comprendre le numérique (Académie Royale de Belgique, 2025). Il s’agit d’un projet de recherche développé sur quatre ans qui vise à améliorer la citoyenneté numérique à travers la fiction en impliquant des spécialistes en informatique, cinéma, éducation et éducation aux médias pour combiner perspectives techniques et pédagogiques. Le projet entend structurer et évaluer l'usage pédagogique de la fiction pour renforcer la citoyenneté numérique dans les classes.

L’après-midi, le film de Luc Jabon Pourquoi encore penser ? À l'heure de l'intelligence artificielle (2024) a été projeté. Ce film se penche sur les impacts profonds de l’intelligence artificielle sur nos manières de travailler, mais aussi sur nos manières de vivre et de penser. Face aux situations inédites dans lesquelles l’IA nous engage, se développe aujourd’hui une difficulté à distinguer le vrai du faux ou le réel du virtuel. Les différents intervenants du film, issus de disciplines variées (animatrice, philosophe, artiste plasticien, psychothérapeute, développeur web…) évoquent l’accélération permanente de la vie dans laquelle les algorithmes nous entraînent et questionnent notre capacité à penser, à prendre du recul et à garder un esprit critique face à l’IA.

La projection a été suivie par un moment d’échange réunissant Luc Jabon et Cassi Henaff. Le premier est revenu sur la genèse de son film et son choix d’aborder l’IA sous l’angle de disciplines qui pourraient apparaître comme rivales ou antagonistes, avec le sentiment, voire l’urgence, de devoir renouveler la notion d’intelligence collective en opposition à celle d’intelligence artificielle. Cassi Henaff, cofondatrice d’Ok Mila, un projet d’éducation aux médias qui interroge l’éthique et l’intelligence artificielle, a prolongé et actualisé les propos de Luc Jabon en abordant notamment l’évolution de différents métiers sous l’influence des I.A. ou les stéréotypes et biais de genre générés par ChatGPT et d’autres IA. Ces échanges étaient animés par Philippe Reynaert, directeur artistique du festival PolitiK.

Vous avez envie d'en savoir plus ou de revivre les moments forts de cette journée ? Une vidéo récapitulative est disponible ci-dessous, une occasion de retrouver l'atmosphère de ces échanges riches autour d'une question qui nous concerne tous : comment penser, créer et vivre à l'heure de l'intelligence artificielle ?

 

 

 

 

 

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